Des migrants composent une œuvre musicale multiculturelle

Au mois de mai, Pierre-Yves Macé et l’Orchestre de Chambre de Paris vont concevoir une œuvre musicale remplie de particularité, car elle sera enrichie avec des sonorités de migrants issus de plusieurs pays du monde entier.

D’abord, Lijun, une petite chinoise dernièrement arrivée en France avec une voix qui tremble au début et qui prend de la force en parvenant singulièrement aux aigus. Celle-ci interprète « La Nuit », une pièce poétique qui interpelle le groupe de migrants installé dans ce centre culturel situé dans le 19e arrondissement.

En fait, c’est un atelier qui réunit plusieurs migrants afin d’amasser des chants, lors d’un cours de français dédiés aux nouveaux arrivants en France.

La chanson est lancée par Omar Hassan, un égyptien et secondé par Hossain, très figé, originaire du Bangladesh et qui prononce difficilement deux mots de français.

« Se faire entendre par la musique »

« Ce projet est indispensable pour eux dont le français n’est pas la langue maternelle, de faire écouter leur langage par la musique » souligne Mirana Tutuianu, violoniste de l’Orchestre de chambre de Paris et participant au projet.

Située à la Philharmonie de Paris, cet atelier qui réunit 58 musiciens conduit une politique active à l’endroit du public, que ce soit pour des détenus, des malades ou de scolaires.

« C’est un projet important pour moi, car je me considère comme une immigrée. J’ai abandonné mon pays, mes proches en Roumanie un pays que j’ai laissé alors que j’étais âgée de 20 ans, avec comme unique ami mon violon», explique Mirana Tutuianu.

Quand Liliana écoute Mirana Tutuianu chanté un son roumain douloureux, elle ne peut s’empêcher de pleurer.

150 chansons

Dans la salle du centre culturel, située dans une bâtisse datant du 19e siècle, on voit que la nostalgie est visible. Mais on entend aussi des rires aux éclats comme un petit groupe de femmes originaires d’Egypte essaient de traduire une chanson d’amour. Ainsi, Pierre-Yves Macé utilisera ces chants enregistrés afin de concevoir un chant instrumental et vocal accompagné par le chœur des Cris de Paris, le 4 mai au Musée de l’histoire de l’immigration.